*Sic semper IEF (Ainsi meurt l'IEF, à peu près)

(Comme dirait Brutus)

Hier, mercredi 29 juin 2016, était voté l'amendement qui pourrait plus ou moins sonner le glas de la liberté pédagogique dans le cadre de l'instruction en famille.

Et ce, dans la quasi indifférence générale : 64 députés présents, seulement. (Je... ?!?)
(Un petit compte-rendu de cette soirée sur le blog d'Isa Lise)

Je ne saurais exprimer mon écœurement face à cet absentéisme, surtout après la très belle mobilisation des familles...

Quelques vaillants défenseurs, à la rencontre desquels  les familles IEF se sont rendues, ont bien parlé, mais n'en ont pas mieux été entendus.
Une certaine idée de la démocratie...

Et ces gens veulent renforcer les contrôles pour s'assurer que NOUS respectons les préceptes de la République?


Quelle blague!


(Et maintenant qu'est-ce qu'on fait? On continue la mission, pardi!)

La loi va maintenant passer par le Sénat.


C'est le moment d'envoyer un petit (ou long) mot à nos sénateurs.

Ho, rien ne dit qu'ils seront plus ouverts ni plus concernés que nos députés, bien sûr, mais hors de question d'abandonner sans se battre sur tous les fronts.

Nous pouvons, bien sûr, leur rappeler quelques concepts fondamentaux sur la liberté, l'égalité... Ça ne fait jamais de mal.

Mais il est surtout important, je crois, de les éclairer sur la réalité de l'instruction en famille.


L'IEF, mal connue,  est source de fantasmes et de paranoïa. Il est important, je crois, d'augmenter notre visibilité et de casser les préjugés à notre égard.
  • Nous ne sommes pas des terroristes.
  • Nous ne sommes pas des fanatiques.
  • Nous ne sommes pas des associaux.
  • Nous ne sommes pas des parents maltraitants.

Quelques sondages très éclairants ont été lancés sur les groupes de discussions : c'est fou la richesse et la variété de profils qui s'en dégagent.

On y trouve des gens de toutes origines, toutes religions et croyances, de tous les bords politiques, de toutes catégories socio-professionnelles, il y a des familles nombreuses, des enfants uniques, des familles nucléaires, tradis, monoparentales, recomposées, des campagnards et des citadins, des itinérants, des expats, des homeschoolers et des unschoolers, des familles pour qui l'ief est un choix, et d'autres un ultime recours, des familles aisées et d'autres plus justes financièrement, des familles pour qui tout se passe bien, d'autres pour qui c'est difficile, d'autres en perpétuel questionnement...

Bref, on y trouve... Des gens. Tout simplement. Avec toute la diversité que cela implique. Et, j'ai un putain de scoop, (tellement énorme que j'en jure z'avez vu? C'est dire si ça va vous bouleverser) : TOUT VA BIEN. RAS. Personne ne se tape sur la trogne, ne traite la mère des autres de lamas, ni ne cherche à créer des castes de sous-humains.

Et oui, je sais, ça semble un peu dingue et surréaliste  mais promis c'est vrai: dans la "communauté" que représente l'IEF, toutes les différences ont tendance à s'abolir et je vois échanger entre eux des gens que l'on ne s'attendrait pas à voir se fréquenter s'ils s'étaient croisés dans d'autres circonstances.

D'ailleurs, j'invite tous les sceptiques à rencontrer les ief de leurs régions, réellement (des rencontres non-scos s'organisent régulièrement partout en France) ou virtuellement (via les blogs, les forums, les groupes facebook...) et vous verrez par vous-mêmes : nos enfants sont plutôt épanouis (pas moins que les vôtres en tout cas), nous ne bâtissons pas des plans pour le prochain attentat et même on est plutôt sympa, sociables et ouverts. Si si.

Et surtout: il me semble que dans les groupes IEF, quoique virtuels, le respect et le vivre-ensemble ont une réalité bien plus tangible que dans la société "réelle". Ou que dans les écoles dites de la République.

Nous ne nous sommes embarqués dans cette aventure qu'il y a peu de temps (10 mois), mais à ce jour je ne connais aucun exemple d'enfant IEF qui ait été racketté ni harcelé... Nul n'est moqué parce qu'il est gros / moche / bête / roux / pauvre / à lunettes /dys / fille / racisé / handicapé / pas à la mode / chouchou du prof / (poursuivez cette liste à l'infini en insérant le qualificatif que vous voulez : dans la vraie vie TOUT peut devenir sujet à discriminations).

Et c'est à nous que l'on veut donner des leçons de civisme?

La blague, bis.

Remarquez, il y a bien un point commun entre toutes les familles ief, qui nous unit et nous réunit : tous, nous aimons nos enfant et nous souhaitons le meilleur pour eux.

Et le meilleur, quoique prétendent quelques politiques plus préoccupés d'idéologie que de pédagogie, ne se trouve pas dans les nouveaux programmes abscons (et dans abscon, il y a abs) ni dans le "sacro-saint-socle".


Ces gens osent nous accuser de séquestrer nos enfants entre les murs de nos maisons?
Mais nos maisons sont bien plus ouvertes sur le monde que leurs salles de classe!

1,6 m2 par élève en primaire, 30 élèves par classe, un seul adulte référent toute l'année, vla la définition de la liberté, de l'ouverture et de l'épanouissement que l'on nous vend veut nous imposer. (source)


Je les accuse moi, d'une maltraitance bien plus grave : tentative de séquestration intellectuelle des jeunes esprits.

Tel un pervers narcissique manipulateur, ces gens tentent de reprendre le contrôle de nos enfants en faisant croire que c'est nous les méchants, et que tout cela n'est que dans leur intérêt.

Les (pseudo) débats en première lecture de l'amendement furent édifiants sur ce point : leur objectif affiché est clairement la rescolarisation forcée en masse, de gré ou de force, et ces lois liberticides n'ont d'autres buts que de mettre sciemment les enfants en situation d'échec afin de créer des prétextes pour les remettre dans le sérail de l'EN.

Une fois les brebis égarées réintégrées au cheptel national, elles pourront à nouveau se faire socledecompétencer dans la joie et la bonne humeur, participer activement aux échecs sans cesse renouvelés de la France au PISA (sources 1 2 3) et contribuer à augmenter les taux d'illettrisme à l'issue de la scolarité obligatoire.



Mais, officiellement, le mal c'est les 0,3% de familles fans de Montessori, Stern ou Mason...( Je n'ose même pas citer les adeptes des apprentissages autonomes, ces hérétiques bons pour le bûcher de l'EN-quisition.)

HA, HA, HA, mais : cette blague!


Trop de crampes à la mâchoire à force de me bidonner, je laisse le mot de la fin à un autre qui avait beaucoup d'humour, lui aussi:



Source: Figaro, (mais le personnage cette fois, pas le journal dont était tirée l'infographie plus haut :  c'est important de le préciser pour ceux qui ont été à l'école et sont donc susceptibles de ne jamais avoir entendu parler de Beaumarchais)  dans Le Barbier de Séville : une pièce comico-satirique lucide et désabusée sur une société où règne la loi du plus fort et où les petites gens sont priées de rester à la place qui leur est assignée s'il vous plait merci, sous peine de châtiment s'ils tentent de s'élever au-dessus de leurs conditions. (Toute ressemblance avec l'actualité dont il est question dans ce billet n'est pas purement fortuite, vous pensez bien.)

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