Instruction en famille : la vie avant/après, le match en 6 points!

Officiellement, les vacances scolaires sont là. Concrètement, ça ne va pas changer grand chose pour nous, vu que ça fait un petit bout de temps qu'on fonctionne au ralenti niveau instruction, mais qu'on ne compte pas tout arrêter complètement pour autant (on a plein de lapbooks en route!) Mais on va profiter de la symbolique de cette date pour dresser un petit bilan de notre première année d'instruction en famille. Pour ça, je vous propose un petit match "notre vie avant VS notre vie maintenant" : alors, est-ce qu'on vit mieux en IEF ou est-ce que "si on aurait su on aurait pas venu"?

1. Le lever, la pire invention de l'histoire de l'humanité



Avant : 4h30, le réveil sonne... Ça pique un peu les yeux. C'est le prix à payer pour avoir l'honneur d'édifier les foules adolescentes  à 100 km de mon lieu d'habitation Je me traîne jusqu'à la salle de bain et vide trois tubes d'anti-cernes par œil. Je prépare mon thermos de café que j'avalerai dans le train. J'expédie un max de corvées ménagères avant mon départ (lave-vaisselle, une lessive étendue, une autre mise en route : minimum syndical) , vérifie les affaires des enfants : tout est repassé, les carnets sont signés, les cartables dans l'entrée, le chien n'a pas mangé de chaussures durant la nuit. Je laisse un post-it avec les consignes du jour à la nounou qui arrivera tout à l'heure et je me mets en route. Il pleut, il fait froid, j'ai 1/2 heure de marche jusqu'à la gare, penser à déménager plus au sud un de ces quatre...  À 6h30, c'est papa Pouloucoq qui s'en va et passe le relais à notre super nounou. C'est elle qui va lever les enfants, les aider à se préparer et déposer tout le monde où il se doit.
Maintenant : le réveil ne sonne plus. Le lever reste "relativement" matinal, grâce aux bons soins de Minichou qui n'a toujours pas intégré le concept de grasse mat'... Mais s'éveiller au son des gazouillis de bébé réclamant sa tétée matinale, c'est même pas comparable. Une fois rassasié, il se rendort et, avec des ruses de ninja, je le dépose dans son petit lit... J'emmène la Grande à la gare. Non, je n'ai pas loupé d'étape, oui je suis toujours en pyjama... Mais ils sont très beaux et ça ne se voit pas, na! (Vivent les pantalons Undiz) À mon retour, je prépare le petit déjeuner. Généralement les enfants se lèvent spontanément, les garçons d'abord, Puce en dernier. Parfois certains jouent les prolongations, je les laisse dormir jusque 9h et en profite pour m'occuper d'autres choses : ménage, paperasse... Nous nous mettons donc "au travail" entre 9h et 10h30, et j'adapte alors le programme de la matinée au temps que nous avons devant nous et aux besoins du Minichou, qui lui est levé vers 8h30 : nous nous calons sur ses changes, bain, siestes... pour alterner les activités où ma présence est nécessaire et celles en autonomie.
Bilan : la matinée en IEF est plus aventureuse, moins routinière mais aussi plus souple, plus confortable et, surtout, favorise la vie de famille! Donc, sans hésiter : 1 point pour l'IEF.

 

2. La pause déjeuner, quand la nourriture c'est du carburant



Avant : 11h45, ça sonne enfin... Je meurs de faim, rien avalé depuis mon café dans le train à 6h... On évite la cantine, bruyante et infecte. Je me réfugie avec quelques collègues au CDI pour avaler mon sandwich ou ma gamelle Tupp'. Un petit café à la machine, papote avec les agents d'entretien, 13h20 : on y retourne, les élèves se rangent dans la cour. Côté enfants : leur cantine n'est guère mieux, et je sais que la moitié du repas finira à la poubelle... À 3,60€ le repas pour les primaires et 6,20€ pour les collégiens, ça fait mal. Ils se rabattront sur les cochonneries que je leur ai fourrées dans les poches : petits gâteaux, pom'potes etc... Les boites à lunch sont malheureusement interdites...
Maintenant : si mes mômes n'ont pas fait leurs morfales j'ai été suffisamment prévoyante, il reste de quoi réchauffer du repas de la veille au soir. Sinon, j'ai toujours de quoi dépanner dans le congèle. Je prépare un truc vite fait pendant que les enfants font leur anglais en ligne ou lisent dans le canapé. Après le repas, il y a le rituel du temps calme, TRÈS important : tant que j'ai ma tasse de café à portée de main, on ne me dérange qu'en cas de danger de mort imminent (lol). Minichou est à la sieste, les autres font ce qu'ils veulent tant que ça n'inclut pas d'écran. Moi par contre, à cette heure là : je geeke à mort. Parce que faites ce que je dis, pas _ surtout pas _ tout ce que je fais.
Bilan : rien que pour le fait de pouvoir me ménager une vraie coupure dans la journée, l'IEF sort vainqueur, largement! Idem pour les enfants : le temps calme leur fait énormément de bien, on le sent lorsqu'on se remet au travail.


3. La pause goûter, qui n'a pas toujours mérité le nom de pause



Avant : j'expédie les élèves au plus vite dehors, je cours récupérer 2 babioles et un papier en salle des profs, j'ai 3 minutes pour attraper le bus qui me reconduit à la gare. Si je le loupe, ou s'il y a des bouchons : mon prochain train est dans une heure. Ce qui se produit environ une fois par semaine. Une fois installée dans le train, je commence à corriger des copies et à préparer les cours du lendemain en grignotant un paquet de chips achetés au prix du caviar à la station de la gare. Côté enfants :  la nourrice vient récupérer les petits, c'est à elle que les maitresses transmettent les messages. Elle les fait goûter, leur fait faire les devoirs, les envoie à la douche, il ne me restera qu'à signer les carnets et donner encore des sous pour je ne sais quelle sortie.
Maintenant : après avoir passé l'après-midi en promenades, docu tv et lapbooking, nous goûtons tous ensemble, et cela marque la fin du "travail" dirigé. Pas de devoirs. Chacun est libre de faire ce qu'il veut, le seul impératif étant qu'à 19h les douches de tous les enfants doivent être bouclées.
Bilan : forcément, à force de goûter au lieu de courir après mon bus, mon jean me boudine légèrement contrairement à mes beaux pyjamas Undiz très confortables, eux haha)... Mais je le vis assez bien. La sensation de journée bouclée est infiniment plus satisfaisante que celle de "courage, on a encore du pain sur la planche"... Encore un bon point côté IEF.


4. La fin de journée, ou : quand tu crois que t'es au bout le pire reste à venir



Avant : 18h30, je vois mes enfants pour la première fois de la journée. Je suis sur les rotules, mais pas le moment de souffler! La nounou me fait le point. On relit éventuellement quelques leçons, Tiloulou a encore un mot désagréable dans le carnet auquel je vais répondre plus désagréablement encore. La Puce est en stress car il y a un contrôle demain. Les Ados rentrent des collèges / lycées par leurs propres moyens, eux aussi ont encore 1 à 2 heures de travail en vue. Il y a le repas à préparer. Toute la journée de demain à programmer. Encore un brin de ménage, lessives, vaisselles et autres... Papa Pouloucoq ne sera pas là avant 19h, dans le meilleur des cas, 21h parfois : juste le temps d'embrasser les petits à l'heure du coucher. S'il est en retard, il ne les aura pas vu du tout. 22h : je vais m'écrouler dans mon lit.
Maintenant : le repas mijote tout seul, on programme notre soirée : film en famille ou jeu de société? Je termine malgré tout mes corvées, mais ayant eu le temps de les dispatcher tout au long de la journée, il n'y a pas l'effet "baroud d'honneur". Ce qui ne peut pas se faire ce soir est reporté au lendemain sans états d'âme. Si papa rentre tard, on décale sans remords le coucher des petits s'ils veulent le voir : on dormira un peu plus demain ou on fera la sieste!
Bilan : ça saute aux yeux, non?


5. Les finances, aka : le nerf de la guerre



Avant : un salaire de prof certifiée lambda... Moins les transports (250€ de trains et bus pour moi, 30€ pour l'Ado). Moins les cantines et casse-dalles du midi (je répète : 3,60 pour chacun des deux petits, 6,20 pour l'Ado, plus mon pique-nique et mes cafés machines). Moins le prix des écoles privées. Moins le salaire de la nounou. Moins les fournitures à remplacer sans cesse car perdues/ volées / cassées. Moins les vêtements qui s'usent plus vite. Moins les 2 paires de baskets obligatoires par enfant. Moins mes tenues (je ne bosse pas en pyjama Undiz, non, aussi classieux et distingués soient-ils...) et mes fournitures et mes bouquins pour le boulot (prof : le seul métier au monde où tu piques des affaires chez toi pour les ramener au travail). Moins le prix de la malbouffe parce que pas le temps de préparer une popotte maison. Moins...
À ce stade, je me dis qu'à part l'amour du métier, y avait vraiment pas grand chose qui justifiait que je m'extirpe de sous ma couette à une heure aussi indécente.
Maintenant : un salaire en moins, remplacé par la prime CAF de congé parental. (Merci Babychou providentiel) Des économies sur tous les points mentionnés ci-dessus : on programme nos trajets pour les rentabiliser au maximum; on mange mieux et plus sains pour moins cher car on a le temps de préparer; plus de frais de scolarité ni de nourrice, les fournitures s'usent toujours, mais à un rythme moins soutenu. Et on a toujours un truc sous la main pour dépanner. Idem pour les vêtements, ceux-ci durent beaucoup plus longtemps et on en achète moins : quelques tenues confortables, pas de caprices pour des marques comme les copains-copines. Quelques tenues de qualité pour l'extérieur aussi: solides, chaudes et imperméables! On achète énormément plus de livres et jeux par contre, mais ça c'est parce qu'on aime ça! En cas de souci, on pourrait largement tenir avec les ressources en ligne ou des emprunts en médiathèque. Et on fait plus de sorties dont on se privait avant, faute de temps et de moyens. :-) Bonus inattendu: on ne paye plus d'impôts sur le revenus.
Bilan: le budget est relativement équilibré, les économies réalisées d'un côté sont réinvesties ailleurs. Il y a moins d'entrées d'argent, on sait que ça ne durera pas éternellement et on surveille les comptes de près. Mais on y gagne surtout le sentiment que le tout est mieux dépensé.


6. La qualité de l'instruction



Il faudrait que j'écrive tout un livre pour exposer à quel point le changement sur ce point est flagrant... Là, c'est même pas comparable, et même s'il n'y avait pas tous les avantages énumérés ci-dessus ce serait sans appel : l'IEF l'emporte haut la main!


Aucun point faible en IEF : tu ne te moquerais pas un petit peu de nous?



Bon, ok, soyons objective : il y a quelques paramètres qui peuvent faire hésiter...
  • Je porte l'entière responsabilité de l'instruction de mes enfants. C'est lourd, vertigineux et intimidant, parfois. Mais je maitrise, je peux rectifier facilement et rapidement en cas souci. Pas la peine de me farcir 5 réunions avec les différents enseignants pour trouver des solutions de remédiation. Qui n'aboutissent généralement qu'à du vent et de la poudre aux yeux.
  • Être toujours ensemble : ça peut sembler effrayant pour certain(e)s. Il est vital de ne pas rester en vase clos : on sort, on voit du monde, on n'hésite pas à papoter à droite à gauche pour décompresser. Les enfants ont des activités extra"scolaires". Nous vivons dans un village : il y a toujours une voisine qui débarque prendre le café à l'improviste. Sinon, c'est nous qui nous invitons. On organise fréquemment des week-ends et des vacances avec les amis, chez eux ou chez nous.
  • On vire monomaniaque... On pense, vit, respire IEF, H24. Mais ça; c'est peut-être juste moi, hein, c'est mon tempérament. Je suis sure qu'il y a des gens qui n'en rêvent pas la nuit.

Voilà, c'est notre petit bilan 1 an d'IEF : et il est très positif! Bien sûr, nous poursuivons l'aventure l'an prochain et, je l'espère, les années suivantes!

Et vous: si vous vous êtes lancés dans l'aventure "sur le tard" comme nous : quels sont les inconvénients ou bénéfices collatéraux?


(EDIT, le lendemain : contrairement aux apparences, cet article n'a pas été sponsorisé par un fabriquant de pyjamas beaux, confortables et à petits prix. Ceci dit, si UNDIZ veut me remercier de la pub que je viens de leur faire et m'envoyer quelques modèles pour tests je fais une taille 40, voilà voilà...)(joke)(quoique...)

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